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Concilier cancer métastatique et travail

Dernière mise à jour : 15 juin 2023

Découvert à un stade avancé, le cancer peut être métastatique. Cancer du sein, cancer colorectal, cancer du rein… avec les progrès thérapeutiques, les cancers deviennent chroniques, sans pour autant que les patients ne soient forcément guéris de la maladie. Se pose alors la question de la conciliation de la maladie avec la vie professionnelle dans la durée.

Moins connu que d’autres cancers, le cancer du rein touche près de 15 000 personnes par an en France. La prévalence est plus importante chez les hommes que chez les femmes. 11 000 nouveaux cas par an, dont 4 000 à un stade métastatique.

Le cancer du rein, comme de nombreux cancers, qu’il soit métastatique ou non, peut nécessiter un suivi précis de surveillance à intervalles réguliers durant plusieurs années. La fréquence des rendez-vous dépendant du cancer et de l’atteinte du patient. Les conséquences de la maladie et des traitements peuvent également engendrer un accompagnement pluridisciplinaire au long cours, avec notamment des soins de support, pour répondre à des besoins de traitement de la douleur, de soutien psychologique... Tous ces rendez-vous médicaux et de soins de support, ajoutés aux traitements, nécessitent une adaptation de l’emploi du temps et une organisation professionnelle adaptée.

Pour Nathalie,

« Il faut que les employeurs puissent accepter pour un temps que leur collaborateur ne soit peut-être pas à 100 % mais qu’il peut avoir besoin, envie de travailler. [...] Croyez en votre collaborateur, il donnera le meilleur de lui-même s’il sent que vous le soutenez. Accordez-lui de la souplesse dans son organisation pour faciliter ses rendez-vous médicaux et sa vie quotidienne »

Touchée par un cancer du rein métastatique, Nathalie a pu continuer de travailler un maximum et s’est sentie soutenue par sa hiérarchie. Elle nous partage aujourd’hui son expérience.


Photo de Nathalie, patiente touchée par un cancer du rein métastatique du rein qui témoigne pour Wecare@work et partage son quotidien professionnelle avec sa maladie

Pouvez-vous vous présenter et nous parler de votre maladie en quelques mots ?


Nathalie, 48 ans. Je travaille dans un établissement public et j’ai la charge d’une équipe de 9 personnes.

J’ai été diagnostiquée d’un cancer du rein d’emblée métastatique en juin 2021. J’ai découvert la maladie à cause d’un ganglion à la base du cou. Je suis tombée sur une radiologue qui a tout de suite pris la mesure du problème et m’a fait passer tous les examens d’imagerie en une semaine. J’ai ensuite été prise en charge à l’institut Gustave Roussy très rapidement.

Comment avez-vous concilié votre cancer métastatique et votre travail ?


J’ai très tôt informé ma hiérarchie de la situation, afin de pouvoir passer tous les examens sans avoir à me mettre en arrêt de travail, d’autant plus que j’étais vraiment en forme.

Une fois que j’ai eu plus de visibilité sur les traitements et vu qu’ils ne s’annonçaient pas trop lourds, j’ai informé mes collègues en toute transparence.

Malheureusement, ma situation s’est dégradée, j’ai été hospitalisée et mise sous morphine, il n’était donc plus question de faire les trajets quotidiens en voiture. J’étais aussi assez fatiguée suite à 2 interventions chirurgicales.

Ma hiérarchie a été extrêmement compréhensive et bienveillante : j’ai pu exercer mes missions totalement en télétravail de septembre à décembre. Je bénéficie aussi de 2 jours de télétravail par semaine, ce qui m’a permis d’organiser assez facilement les suivis médicaux et soins de kiné par exemple.

Je n’ai pas voulu m’arrêter de travailler : le cancer ne doit pas prendre toute la place et j’ai besoin de rester dans ma normalité.

Quelles difficultés avez-vous rencontrées ? Qu'est-ce qui vous a aidé ?


Après plusieurs mois à travailler sans être physiquement au bureau, j’ai eu du mal à revenir, un peu par peur des réactions des collègues et parce que je n’avais pas forcément envie de me raconter.


Mon équipe a été un grand soutien et les échanges sont restés naturels. Cependant, j’ai l’impression qu’on ne peut pas échapper à la crainte que la maladie nous empêche de tenir notre poste correctement. On me pose la question de savoir comment je me projette à 3 ou 6 mois, on m’a proposé d’adapter mon poste à ma nouvelle situation mais je n’ai pas donné suite : est-ce qu’on pose cette question à une personne qui revient au travail après un burn out, ou suite à un accident de la vie ?


La maladie m’a permis de prendre du recul sur mon rôle dans l’organisation. À un moment où les traitements étaient devenus plus chronophages et où j’ai voulu tout mener de front malgré la fatigue et une poussée de la maladie, j’ai fini par lâcher-prise et reconnaître que finalement je n’agissais dans l’intérêt de personne, ni celui de mon équipe que je mettais en difficulté, ni le mien car ma charge mentale était vraiment trop lourde. J’ai fini par accepter la situation et j’ai été en arrêt un mois entier, ce qui m’a permis de faire une sorte de reset. Depuis, j’ai l’impression d’être moins dans le contrôle.

Selon vous, comment peut-on améliorer l’accompagnement des personnes malades en entreprise ?


Il y a un vrai manque d’information : j’ai appris récemment que je pouvais demander des autorisations d’absence pour les rendez-vous médicaux. C’est quand même très tabou et aussi le cancer reste dans l’imaginaire collectif associé à la chimiothérapie et la radiothérapie.

Je pense aussi qu’il faut que les employeurs puissent accepter pour un temps que leur collaborateur ne soit peut-être pas à 100 % mais qu’il peut avoir besoin, envie de travailler.

Si vous aviez 1 conseil ou bonne pratique à partager avec une personne en situation de maladie ou de handicap au travail ?


Être vrai et transparent : expliquer ses absences, ses contraintes, permet aux collègues de comprendre et de vous soutenir, voire de vous soulager dans votre travail.

Avec le manager d'une personne concernée ?


Croyez en votre collaborateur, il donnera le meilleur de lui-même s’il sent que vous le soutenez. Accordez-lui de la souplesse dans son organisation pour faciliter ses rendez-vous médicaux et sa vie quotidienne.

Avec un employeur pour favoriser l'inclusion des personnes concernées ?


Vu les tensions dans le milieu médical, on ne peut souvent pas choisir son rendez-vous : on prend celui qui vient et ce n’est pas toujours compatible avec les horaires de travail. Il faut que l’employeur donne de la souplesse à son collaborateur afin qu’il puisse s’organiser.

Dans des entreprises de taille importante, il pourrait s’organiser des groupes de paroles pour que les personnels concernés par la maladie (cancer, maladie chronique, aidants) puissent échanger et que les bonnes pratiques soient partagées.


Merci Nathalie pour votre témoignage


Vous êtes patient ? aidant ? manager ? professionnel des ressources humaines ? Vous aussi vous souhaitez témoigner de votre expérience de la maladie au travail, contactez-nous à l’adresse alloalex@wecareatwork.com.

Pour toutes vos questions, sachez qu’ALLO Alex est là pour vous aider ! Pour rappel, le service est joignable au 0800 400 310 du lundi au vendredi de 9h à 17h (appel gratuit).



 

Sources introduction : Centre Léon Bérard, Institut Gustave Roussy, INCa


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