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pour ré-concilier maladie et travail ?

Maladie et travail – « Les personnes peuvent être désarçonnées face au pouvoir administratif »

Dernière mise à jour : 9 sept.


Maud Cassar et Anna Ouattara, ingénieures sociales diplômées d’État au cabinet social MaNa


« Les personnes peuvent être désarçonnées face au pouvoir administratif, nous sommes là pour les soutenir dans l’explication, l’argumentation et la négociation. »


Parmi les personnes ressources qui peuvent accompagner les salariés malades, il y a les assistants de service social et les ingénieurs sociaux, qui peuvent être externes à l’entreprise. Quel est leur rôle ? Quand les solliciter ? Nous avons interrogé Maud Cassar et Anna Ouattara, ingénieures sociales et fondatrices du cabinet social MaNa.


Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?


Nous sommes Maud Cassar et Anna Ouattara, ingénieures sociales diplômées d’État au cabinet social MaNa. Nos bureaux sont dans le Nord de la France.


Habitées depuis toujours par des valeurs de justice, d’équité, de solidarité, de démocratie participative, nos parcours nous ont amenées sur le chemin essentiel d’apprendre à mieux comprendre et répondre à la question existentielle : Quel est le sens de notre vie ? Et si cette profonde envie de vouloir accompagner et aider les autres était finalement une capacité, une force, une opportunité de se mettre au service des autres pour avancer ensemble ?


Nos compétences sociales et humaines aiguisées, sages avec le temps, nous ont anoblies. Avec savoir-être et savoir-faire, nous continuons à nous mettre au service de tout ce qui peut faire société : des individus ou des collectifs de personnes qui en ressentent le besoin ou qui ont le souhait d’être accompagnés sur un bout de chemin de leur vie. Ce qui nous anime dans notre métier aujourd’hui est à la fois le goût de cette liberté d’exprimer nos compétences comme nous le ressentons au travers de nos rencontres, et à la fois cette conscience du devoir d'œuvrer à un mieux être, de partager les fondements de l’utilité sociale et solidaire.


Pourquoi avoir créé MaNa ?


En France, il existe un magma d’aides sociales, trop souvent difficiles à comprendre et à mobiliser selon la situation. Pour y prétendre, les démarches sont fréquemment complexes et nécessitent généralement de taper à la porte de plusieurs interlocuteurs. De plus, se retrouver malade, avec un handicap, veuf•ve, en perte d’autonomie, aidant d’un parent ou d’un enfant dépendant ou en difficulté éducative, demande d’être soutenu socialement et psychologiquement.


Que signifie le nom de votre entreprise ?


MaNa est « le préfixe et le suffixe » de Maud et Anna mais c’est aussi en maori les valeurs que nous incarnons, à savoir : donner, rendre et recevoir dans une recréation permanente du lien social.


Nous sommes des praticiennes de la relation d’aide et à ce titre, nous concevons, conduisons, construisons les outils, les dispositifs d’intervention sociale qui permettent sa cohésion et sa prospective au détriment de la marginalité ou du laissé-pour-compte.

Le nom de notre cabinet d’ailleurs trouve son « essence et sens » en s’inspirant des fondements démocratiques et de liberté où s’influencent nos règles déontologiques et éthiques. Par-delà et à l’origine de sa création, MaNa est en maori, représentée comme une cour de récréation où tisser le lien se fait dans un triptyque de « donner, recevoir et rendre ».


Que proposez-vous à vos clients ?


Nous proposons à nos clients – aux entreprises, aux associations et aux particuliers – du conseil en protection sociale, de l’aide aux démarches administratives, avec un seul interlocuteur et un accompagnement psychosocial pour agir face à un aléa de la vie et pour retrouver un équilibre. Nous intervenons individuellement ou collectivement.

Pour les organisations, en tant qu’ingénieures sociales dotées d’une grande expertise en recherche action, nous allions des approches théoriques et pratiques. Nous trouvons avec les organisations (entreprises ou associations) des solutions face à une situation insatisfaisante. Ainsi, les équipes retrouvent une qualité de vie au travail, un sens à leur activité, une adéquation entre l’offre de l’organisation et les besoins des usagers, une amélioration des performances.


Nous sommes capables de gérer et d’accompagner tout risque social du fait de nos expertises. Nous accompagnons des personnes atteintes de cancer, des personnes usées par le travail, avec des troubles musculosquelettiques, des personnes en souffrance au travail, des futurs retraités, des veufs, des aidants, etc.


Comment accompagnez-vous concrètement vos clients pour mieux concilier maladie et travail ?


D’abord en mettant en œuvre l’écoute active et l’empathie. C'est-à-dire la nourriture relationnelle indispensable pour comprendre la personne qui nous sollicite dans son besoin, sa difficulté, son épreuve et dans sa singularité. « Il » ou « Elle » n’est pas un autre, elle est « elle » ou il est « il » compris dans son histoire, ses doutes, ses blessures, ses forces…


Dans le cadre de l’accompagnement des personnes en arrêt maladie, face au statut de malade qui se substitue pour un temps donné au statut de travailleur, les individus expriment de différentes façons le vécu de l’arrêt de travail. Nous les écoutons, nous les accompagnons dans le rapport à la maladie, dans l’estime de soi et le rapport au corps. Pour faire face à ce bouleversement, l’individu va devoir s‘appuyer sur le conjoint, les enfants, un autre membre de la famille, les amis, les voisins, les collègues de travail etc. Si ces derniers sont absents ou omni-présents ou encore en difficulté de compréhension législative, nous allons mobiliser et coordonner avec lui, parfois en complémentarité de ses besoins, un réseau de professionnels et/ou de personnes ressources pour l’aider dans la gestion de la vie quotidienne.

Quelquefois, c’est un combat pour comprendre ses droits et les faire valoir. Nous expliquons alors les revenus de remplacement, la prévoyance, les assurances, ou tout autre dispositif de protection sociale.


Nous étudions avec la personne les différents scenari et l’aidons à faire des choix éclairés. La gestion de la « paperasse » administrative n’est pas simple pour tout le monde. Alors, nous aidons aux démarches administratives, à la complétude des demandes en ligne. Les personnes peuvent être désarçonnées face au pouvoir administratif, nous sommes là pour les soutenir dans l’explication, l’argumentation et la négociation. Ainsi, l’arrêt maladie de longue durée a souvent un impact, entre autres, sur la pension retraite. Lors du retour à l’emploi, la personne va entendre le discours de différents médecins (médecin traitant, spécialistes, médecin du travail, médecin de la Sécurité sociale…) Face à cette ronde de médecins, nous allons aider la personne à comprendre les rouages, les points de vue des divers professionnels de santé et ensuite la soutenir pour la concrétisation d’un nouveau projet professionnel : reprendre dans l’entreprise avec un aménagement de poste, pour un retour en douceur ; contribuer à l’aménagement de son ancien poste ; aider à la reconversion professionnelle…


Nous sommes nomades, nous allons là où nous avons besoin de nous (à domicile, en entreprise, dans les maisons de santé, au sein des associations, dans des coworking, des espaces-café…) et nous mettons en synergie notre réseau partenarial.


Selon vous, quel intérêt de mieux concilier maladie et travail dans les entreprises ?


Concilier maladie et travail dans les entreprises est aujourd’hui un enjeu majeur de santé individuelle, de santé publique et donc de société, puisqu’en France, près de quatre millions* de personnes vivent avec ou après un cancer.

Concilier maladie et travail dans les entreprises permet de maintenir les salariés concernés en emploi, c’est un gain économique pour la société, puisque les recettes publiques se constituent essentiellement des impôts et des cotisations sociales des actifs.

Mais c’est aussi un gain humain puisqu’éviter les discriminations dans une entreprise est source de bien-être. La personne malade si elle se sent soutenue par son manager et ses collègues, sera plus souvent présente en conciliant ses traitements et sa vie professionnelle. Elle y trouvera un sens…


Les collègues et le manager qui comprennent mieux les contraintes de la maladie vont être plus attentifs, accueillir plus chaleureusement et permettre l’aménagement du temps de travail. Les tensions vont s’apaiser. Pas besoin de travailler plus pour remplacer la collègue. Pas forcément nécessaire de trouver un remplaçant, qu’il faut former. D’autant plus que le travail est davantage perçu comme un facteur de rétablissement quand il est conditionnellement rattaché à une véritable bienveillance.

Un meilleur accompagnement des salariés malades, des dirigeants et des collaborateurs renforcent bien évidemment la performance des entreprises. Et au-delà permet à tous de se sentir utiles…


Merci Maud et Anna pour votre témoignage.


Pour en savoir plus, découvrez le cabinet social MaNa.

Retrouvez également MaNa sur les réseaux sociaux !


Si vous aussi, comme Maud et Anna vous souhaitez témoigner de votre expérience professionnelle de l’accompagnement des situations de maladie au travail, contactez-nous à l’adresse alloalex@wecareatwork.com


Pour en savoir plus, sur notre outil Alex pour mieux concilier maladie et travail, découvrez notre article : « En quoi Alex peut améliorer la QVCT ? »


Pour toutes vos questions, ALLO Alex est là pour vous aider ! Pour rappel, le service est joignable au 0800 400 310 du lundi au vendredi de 9h à 17h (appel gratuit)




 

* Selon l’INCa, en 2018 le nombre de personnes de 15 ans et plus en vie et ayant eu un cancer au cours de leur existence est de l’ordre de 3,8 millions. (Source : « Cancer – Les chiffres clés, 7 juillet 2022 [consulté le 7 septembre 2022])