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Maladie et travail – Cancer et RQTH : ils témoignent 2/2

Dernière mise à jour : 21 sept.



Dans notre article précédent, nous avions commencé à évoquer la thématique « Cancer et RQTH ». Plusieurs personnes évoquaient les difficultés rencontrées suite aux traitements et le lien « cancer » et « situation de handicap » qui n’était pas évident. Pourquoi faire une demande de RQTH suite à un cancer ? Dans quelle situation en faire la demande ? Qu’est-ce que cela peut apporter ? Qui peut vous ’aider dans vos démarches ? Des patients partagent leurs expériences.


Pourquoi faire une demande de RQTH suite à un cancer ?


Anne-Sophie : « J’ai compris que la RQTH est temporaire, qu’elle est statutaire. Elle allait me permettre tout simplement d’adapter mes conditions de travail aux conséquences de la maladie, que sont par exemple, s’agissant du cancer, les fatigues chroniques, les difficultés de concentration, les pertes de mémoire, la faiblesse dans le bras après une mastectomie. « Au quotidien, ça me permet tout simplement de travailler dans des conditions adaptées »

Candice : « Ce statut me permet de bénéficier d’une orientation vers un établissement de réadaptation professionnelle. Je suis en train de faire les démarches pour assister à une réunion d'information. De ce que j’ai compris, c'est pour pouvoir faire un bilan diagnostic avec des médecins et psy afin qu’on nous propose une formation adaptée à notre situation. J’ai pu également être suivie par Cap emploi. « C’est compliqué de trouver un travail avec des diplômes et une expérience professionnelle depuis vingt-trois ans dans le même domaine et sans savoir si j’aurai l’énergie pour assurer un poste à temps plein. »

Véronique : « Cette reconnaissance m’a apporté une véritable libération de la parole vis-à-vis de mon employeur mais aussi de mon entourage professionnel et personnel.

J’ai pu parler de mes difficultés personnelles liées à ma maladie et à ses conséquences avec mon employeur et réalisé mes visites médicales à la médecine du travail en toute transparence. Cela permet de mettre tout à plat, d’avoir une très bonne relation employeur-médecin du travail-salarié et c’est moi qui dirige les opérations, je suis actrice de ma situation. Je suis en télétravail à 100% préconisé par la médecine du travail. Cela me permettra également d’être accompagnée par Cap emploi si besoin, de bénéficier d’un abondement du CPF de 300 € par an (NDLR. dans la limite du plafond du CPF). Et si jamais j’ai besoin d’accompagnements spécifiques, je sais que je peux en faire la demande auprès de mon employeur. Et au final, je pourrais même dire que personnellement ça me sécurise d’avoir ce cadre. »

Mathieu : « Ce qu’elle peut m’apporter c’est surtout un aménagement de mes conditions de travail et du poste de travail. Je suis en full télétravail, car j’ai un système immunitaire affaibli. Cela me permet d’éviter les transports en commun et/ou la fatigue qu’engendrerait le temps de trajet en voiture. Et côté employeur, ça peut être utile dans le cadre de l’OETH. »

Caroline : « Le statut RQTH me permet de parler plus facilement au recruteur de la maladie (je ressens le besoin d’être transparente et de justifier pourquoi un 4/5e pourrait m’être bénéfique) et cela donne accès à d’autres plateformes de recherche d’emploi ou à des avantages avec des structures comme l’Agefiph. À ce jour, malheureusement je n’ai pas retrouvé de situation professionnelle stable. »

Qui peut m’aider dans ma démarche ?


Caroline : « C’est l'assistante sociale de la clinique où j’étais suivie (Clinique Oudinot) m’a proposé de faire un dossier MDPH. Au renouvellement du dossier que j’ai géré moi-même j’ai vu que l’on pouvait solliciter ce statut. »


Michiko « J’ai effectué les démarches seule. J’ai été aidée par l’infirmière de coordination de l’hôpital où j’étais suivie à l’époque. Mon oncologue de l’époque m’a été également d’une grande aide pour remplir le dossier. »


Céline : « J’ai fait ma demande de RQTH grâce aux "kopines" d’Instagram pour protéger mon retour au travail. Une amie assistante sociale m’a aidée à remplir la demande assez fastidieuse. »


Sophie : « Sur conseil d’une assistante sociale de la CPAM, j’ai fait une demande diligentée (plus simple) de RQTH auprès de la MDPH. La réponse est censée venir plus rapidement. J’ai quand même attendu 8 mois pour obtenir un avis favorable ! C’est long. »


Candice : « Grâce à l’assistante sociale de l’Institut Curie où j’ai été suivie, nous avons fait un dossier MDPH qui m’a accordé, entre autres le statut RQTH que j’ai pu renouveler jusqu’en 2025 pour le moment. »


Mathieu : « J'ai reçu le dossier imprimé à compléter en chambre stérile. N'étant pas à ce moment au top de ma forme, ma femme m'a aidé à le remplir puis nous l'avons redonné à l'assistante sociale pour qu'elle le transfère pour complétude aux médecins en charge de mon traitement. »


Magali : « C'est le service social de la CPAM qui m'a suggéré de faire la demande et qui m'a accompagnée dans ma démarche : comment récupérer le dossier MDPH, comment le remplir, etc. Mon médecin traitant a rempli le dossier médical et je l'ai remis en main propre. »


Elise : « Je n’ai eu aucune difficulté à réunir les pièces du dossier et lors de la dépose de mon dossier à la MDPH, j’ai été reçue par une conseillère qui a écouté mes difficultés avec mon responsable. Elle a pris mon dossier en main et j’ai reçu une réponse 15 jours plus tard alors qu’on m’avait annoncé 6 mois de délai environ. La RQTH m’a été accordée pour dix ans. »


En résumé, si vous souhaitez en faire la demande auprès de la maison départementale des personnes handicapées (MDPH), plusieurs acteurs du maintien en emploi peuvent vous accompagner dans votre démarche : les assistants de service social (de l’institut de soins, de la CPAM ou de la CARSAT, privé, du service de prévention et de santé au travail…), le médecin du travail, le médecin traitant, le médecin spécialiste… Parfois, ce sont aussi les aidants des personnes touchées par la maladie qui les accompagnent dans leurs démarches (parents, enfants, époux, amis…)


Merci à Candice, Caroline, Céline, Elise, Magali, Michiko, Sophie, Anne-Sophie, Mathieu et Véronique pour vos témoignages.


Vous aussi vous souhaitez en savoir plus ou témoigner de votre expérience de la maladie au travail, contactez-nous à l’adresse alloalex@wecareatwork.com


Pour toutes vos questions, sachez qu’ALLO Alex est là pour vous aider ! Pour rappel, le service est joignable au 0800 400 310 du lundi au vendredi de 9h à 17h (appel gratuit)