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Vous vous posez des questions
pour ré-concilier maladie et travail ?

Maladie et travail – Cancer et RQTH : ils témoignent 1/2

Dernière mise à jour : 21 sept.


Parmi les appels que nous recevons sur notre ligne solidaire, des personnes concernées par le cancer s’interrogent sur la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé ou RQTH. « Pourquoi faire une demande de RQTH suite à un cancer ? », « Je peux faire ça ? », « Suis-je légitime ? », « À quoi ça va me servir ? », « Comment ça se passe, concrètement ? »

Nous avons recueilli beaucoup de témoignages de personnes qui ont fait une demande de reconnaissance de travailleur handicapé (RQTH), suite à un cancer, pour que leur handicap invisible soit pris en considération et que cela leur permette d’être maintenues en emploi. Nous vous proposons de partager leurs retours d’expériences en 2 temps cette semaine et la semaine prochaine.

Quelles sont pour vous les conséquences du cancer sur votre travail ?

Céline : « Je suis en rémission d’un cancer du sein hormonodépendant, Her2+, de grade lll, diagnostiqué en avril 2019, à l’âge de 36 ans. On ne se rend pas compte que la reprise n’est pas simple. Une fatigue énorme, d’importantes difficultés de concentration et de mémoire et de fortes douleurs articulaires m’handicapent au quotidien, à cause des traitements, surtout de l’hormonothérapie. Au travail c’est évidemment démultiplié. »

Candice : « J’ai été diagnostiquée en novembre 2017 d’un cancer du sein. J’ai repris le travail à temps partiel un mois après la fin de mes traitements et je suis arrivée au bout mais ne peux le reprendre à temps plein car je n’ai plus l’énergie pour (je suis animatrice en centre de loisirs) »

Magali : « Il y a deux ans et demi j’ai été diagnostiquée d'un cancer de la peau, qui m'a touchée à plusieurs endroits, tous localisés au niveau de la face, du visage (nez/cou/tête). J'avais une RQTH avant mon cancer, car j'avais été diagnostiquée de maladies auto-immunes il y a quelques années : un lupus et une polyarthrite rhumatoïde. »

Michiko : « Pour ma part, j’ai été diagnostiquée d’un cancer du sein en 2014, avec métastases en 2017. Lors de l’annonce du diagnostic, j’ai dû quitter mon emploi dans des circonstances très difficiles. Je me suis consacrée à mes traitements. Retrouver du travail dans mon milieu en mi-temps thérapeutique a été très compliqué. J’ai retrouvé un emploi dans un cadre beaucoup plus humain avec une équipe très compréhensive. Cependant, ma situation n’étant pas stable, mes absences posaient clairement des soucis au sein d’une petite structure. C’est la peur de perdre à nouveau mon emploi qui m’a poussée à faire les démarches d’une demande de RQTH. »

Elise : « En octobre 2015, j’ai été diagnostiquée d’un cancer du sein.. J’ai choisi de faire la demande RQTH en 2019, à une époque où ça se passait très mal dans mon travail. J’étais harcelée moralement par mon responsable qui ne voulait pas comprendre ou entendre, que je pouvais toujours ressentir de la fatigue, ne voulait pas ni entendre parler des effets secondaires à long terme, etc. Une de mes amies m’a alors conseillé la RQTH pour me protéger. »

Caroline : « Je suis graphiste, webdesigner et social media manager aujourd’hui en freelance en tant qu’artiste-auteur. En novembre 2017, j’ai été diagnostiquée d’un cancer hormonodépendant HER 2. À l’époque, j’avais cofondé une agence de communication print et web sur Paris et Lille. Pour moi les conséquences ont été catastrophiques : la maladie m’a empêchée d’exercer, mon associée a démissionné et j’ai dû déposer le bilan de ma SARL co-fondée en 2011. J’ai eu un sentiment de solitude et de ne pas savoir comment chercher un emploi de nos jours. Recréer un réseau pro est long »

En bref, les difficultés rencontrées suite à un cancer, à des traitements oncologiques ou des interventions chirurgicales peuvent être de nature très diverses : asthénie, fatigue chronique, difficultés physiques (lymphœdème, conséquences hormonales, douleurs neuropathiques…), troubles neuro-cognitifs, troubles digestifs, troubles cutanés, mucite, hypertension, risques d’infections dûs à un affaiblissement du système immunitaire, troubles cutanés, symptômes dépressifs… Cette liste est non exhaustive.

Que ces conséquences soient temporaires ou définitives, elles peuvent avoir un impact sur la vie quotidienne et la vie professionnelle des personnes touchées par le cancer. Et c’est en cela qu’elles peuvent représenter une situation de handicap au travail.

Selon vous, pourquoi les personnes touchées par un cancer ne pensent pas forcément à faire une demande de RQTH ?

Véronique : « Pour moi, c’est le mot « handicap » qui fait peur et …il faut passer au-delà de ce mot. Certes, ce n’est pas simple de se reconnaître « handicapé•e » et d’avoir une RQTH ou une invalidité mais cela permet une reconnaissance vis-à-vis de la maladie et de poser un cadre sur des faits concrets : la maladie peut engendrer des conséquences importantes dans sa conciliation maladie et travail. » « C’est une forme de reconnaissance en fait, et cela permet de faire comprendre à tous que les traitements peuvent générer des conséquences compliquées pour concilier maladie et travail. »

Caroline : « Au début j’étais contre le fait de demander la RQTH pour ne pas être étiquetée malade, puis j’ai accepté ma situation et j’ai sollicité le statut. »

Anne-Sophie : « Je n’en suis pas très fière, mais ça ne m’a fait tout de suite rêver. Je me suis dit : “ je suis malade” pas “handicapée”. Parce que j’avais comme représentation du handicap plutôt une faiblesse qu’une différence. Et je n’avais pas en tête que cette différence pouvait être une richesse, y compris pour l’équipe avec laquelle je travaillais. »

Mathieu : « Actuellement, je suis en rémission d’une leucémie, j’ai 42 ans. Pour ma part, j'ai appris l'existence de la RQTH par l'assistante sociale qui est venue me voir en chambre stérile. J'ai assez facilement compris que j'allais être handicapé par rapport aux autres pendant un moment. Cette reconnaissance faisait donc sens. »

Sophie : « Pour ma part, je suis atteinte d’un cancer du poumon à mutation EGFR, sous contrôle grâce à la thérapie ciblée (je n’ai jamais fumé, je suis sportive...) J’ai été diagnostiquée en octobre 2019. Le terme “handicapé” est en effet un peu dur à accepter mais 80 % des handicaps sont invisibles ! »

Pourquoi faire une demande de RQTH suite à un cancer ? Dans quelle situation en faire la demande ? Qu’est-ce que cela peut apporter ? Qui peut vous aider dans les démarches ? La semaine prochaine, découvrez la suite de ces entretiens croisés dans notre article « Cancer et RQTH : ils témoignent 2/2 »

Merci à Candice, Caroline, Céline, Elise, Magali, Michiko, Sophie, Anne-Sophie, Mathieu et Véronique pour vos témoignages.


Vous aussi vous souhaitez en savoir plus ou témoigner de votre expérience de la maladie au travail, contactez-nous à l’adresse alloalex@wecareatwork.com

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