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Novembre, un mois dédié à la santé masculine avec Movember

Dernière mise à jour : 1 déc. 2023

Après le mois d’octobre dédié à la prévention du cancer du sein, le mois de novembre, mois consacré à la santé masculine, se clôture.

C’était l’occasion d’aborder la santé physique tout d’abord, avec notamment la prévention du cancer des testicules et du cancer de la prostate. Et la santé mentale, avec la prévention du suicide. Durant tout le mois, on a pu voir de multiples actions fleurir à travers le pays, portées par des patients, des professionnels de santé, des associations et au sein des entreprises. À l’origine de ce mouvement ? L’ONG Movember.


Mathilde témoigne :

« Movember, c’est une association dédiée à la santé physique (testicules, prostate) et la santé mentale des hommes. L’idée c’est de prendre soin des hommes qui nous entourent. [...] ce n’est pas que la moustache. La moustache, c’était au début un défi et c’est aujourd’hui devenu un moyen de communication, de sensibilisation. »

Nous sommes heureux de partager son témoignage avec vous.



Mathilde Bourdon, Fondatrice de Grain de sel & Co en charge de la communication de Movember

Pouvez-vous vous présenter ?


Je suis Mathilde Bourdon, en charge de la communication de Movember France depuis six ans.

Movember, c’est une association australienne, présente en France depuis 2012, dédiée à la santé physique (testicules, prostate) et la santé mentale des hommes. L’idée c’est de prendre soin des hommes qui nous entourent. Forcément, ayant dans ma famille des gens hypersensibles, des hommes, j’ai vu l’importance de parler et de communiquer avec eux. J’ai ce lien-là, sans avoir vécu un drame.


Pouvez-vous nous présenter Movember en quelques mots ?


C’est une ONG internationale qui a été créée en Australie il y a vingt ans. À l’origine, 2 amis, Travis Garone et Luke Slattery, se sont lancés le pari de se laisser pousser la moustache au mois de novembre. C’est devenu assez viral et cela a pris de l’ampleur. Ils ont décidé de le refaire l’année suivante pour la Prostate Cancer Foundation of Australia (PCFA), qui était à l’époque la seule association de lutte contre le cancer de la prostate. C’était le don le plus important que cette association ait reçu. L’année d’après, ils ont décidé de créer leur propre association en rassemblant les sujets du cancer de la prostate et du cancer des testicules.


Pourquoi associer santé mentale et prévention du suicide aux cancers masculins ?


Par la suite, le sujet de la santé mentale s’est ajouté. Des études ont été réalisées par Movember. Dans le monde, sur 4 suicides, 3 sont masculins (1). Toutes les minutes, il y a un homme qui se suicide (2).

Movember, ce n’est pas que la moustache. La moustache, c’était au début un défi et c’est aujourd’hui devenu un moyen de communication, de sensibilisation. Quand on voit un homme porter une moustache au mois de novembre, on peut se dire « Ah tiens ! Potentiellement c’est quelqu’un qui soutient Movember », comme on peut voir au mois d’octobre le petit ruban rose porté en soutien à la prévention du cancer du sein.


Il y a trois manières de faire Movember en réalité : la MOustache, le défi sportif, le MOve et le MO challenge et le MO-ment.


Pendant le mois de novembre on se challenge sportivement parlant, on essaie de sortir de sa zone de confort parce qu’on sait que santé physique et santé mentale sont reliées à l’activité physique.

Le MO-ment consiste à l’organisation d’un événement pour lever des fonds pour la recherche et qui va permettre de créer le dialogue entre les individus. Le premier signe de dégradation de la santé mentale est l’isolement. Quand on commence à entrer dans une dépression, on s’isole de notre entourage. On ne parle plus, on a du mal à s’exprimer, à signifier ce qui va, ce qui ne va pas. L’idée est d’en parler, de lancer le débat.


On constate que les femmes parlent plus facilement de la maladie que les hommes, selon vous, comment peut-on aider à libérer la parole auprès des hommes ?


C’est une excellente question. Effectivement, les femmes parlent plus que les hommes. Ce sont les codes, je dirais, l’ancien diktat patriarcal de la société qui était que : « les femmes parlent beaucoup », « les hommes ne parlent pas et tiennent la baraque ». C’est un schéma ancestral qui naturellement se tasse aujourd’hui, car il y a cet élan féministe, cette mouvance pour l’égalité homme-femme qui a pris de l’importance et qui a été rejointe par les hommes. Car être féministe, ce n’est pas que l’apanage des femmes. Je pense qu’on arrive par conséquent à lever un peu les tabous et libérer la parole auprès des hommes.


Les rendez-vous médicaux sont encore très souvent pris par les femmes et les hommes auraient tendance à laisser leur santé de côté, à ne pas s’en occuper, à cause de ce schéma. Cela commence à changer.


Nous demandons à des hommes qui ont été touchés par un cancer de la prostate, des testicules de prendre la parole, notamment auprès des jeunes. Dès que l’on parle de testicules ou de touchers rectaux pour la prostate etc., tout de suite, c’est tabou, c’est honteux. On essaie à travers la prise de parole de personnalités, d’ambassadeurs de tout âge confondu de sensibiliser à ces sujets-là. L’année dernière, par exemple, nous avons fait intervenir Noélie Michallet, veuve de Jordan Michallet, joueur professionnel de rugby à XV qui s’est suicidé. Il n’avait jamais parlé de ses difficultés et du jour au lendemain, il s’était suicidé. Elle a pris la parole pour sensibiliser aux nombreux cas de dépression et de problèmes de santé mentale dans les milieux notamment sportifs, très masculins, très virils, et qu’il fallait absolument en parler avant que ce soit trop tard. Des rugbymen l’ont remerciée d’avoir parler de ce sujet-là par ce que c’était tabou et que cela leur ont permis d’en parler à leur femme.


Comment peut-on aider à libérer la parole sur les cancers masculins et la santé mentale en entreprise selon vous ?


En entreprise, le meilleur moyen de sensibiliser à ces questions-là c’est l’intervention d’anciens patients ou d’un professionnel de santé pour faire de la prévention sur le cancer des testicules et le cancer de la prostate, apprendre les gestes de la palpation que l’on peut refaire chez soi dans la douche. On va essayer de toucher davantage les 18-25 ans pour le cancer des testicules, et les hommes à partir de 40 ans pour le cancer de la prostate. Cela dépendra aussi de la moyenne d’âge de l’entreprise. Il sera plus intéressant pour l’ensemble des salariés d’avoir le témoignage de quelqu’un de jeune si l’entreprise est jeune. C’est toujours une question d’alignement avec le public, d’avoir en face quelqu’un dans lequel on va pouvoir se refléter.


Si vous aviez 1 conseil pour mieux concilier maladie et travail, lequel ?


C’est compliqué, cela dépend de la maladie.

Quand on parle de prévention au suicide par exemple, ce serait peut-être de ralentir la cadence, faire en sorte de ne pas être surchargé mentalement, de prendre son temps. D’être à l’écoute aussi de ce que l’on ressent vraiment et de ce qu’il nous faut.

L’idée c’est de se ménager, faire attention à soi, s’écouter, savoir dire non. Faire comme un baromètre de sa personne et réaliser là où on dépasse l’entendement et ce que l’on est capable de faire.

Pendant le mois de novembre, des défis s’organisent en entreprise : c’est un moyen de fédérer, de libérer la parole sur le sujet et sensibiliser petit à petit l’ensemble des collaborateurs.


Merci Mathilde


Pour en savoir plus sur Movember


En cas de besoin, vous pouvez contacter les lignes de soutien suivantes

Le 3114, numéro national de prévention du suicide (7j/7 et 24h/24) pour les personnes ayant des pensées suicidaires et leurs proches. Écoute confidentielle et gratuite.

Suicide Ecoute (association) 01 45 39 40 00 (7j/7 et 24h/24) pour les personnes en grande souffrance psychologique ou confrontées au suicide, et de leur entourage, par des bénévoles formés. Écoute anonyme et gratuite.

Si vous craignez que la vie de quelqu'un soit en danger immédiat, vous pouvez appeler les numéros de secours 15, le 18 ou le 114 (pour les personnes sourdes et malentendantes).

L’Association Cerhom met à disposition deux numéros à destination des personnes touchées par le cancer des testicules ou le cancer de la prostate et de leurs proches.

Test’écoute 07 82 33 15 72 / Prost’écoute 06 41 22 41 51


Vous êtes patient ? aidant ? manager ? professionnel des ressources humaines ?

Vous aussi vous souhaitez témoigner de votre expérience de la maladie au travail, contactez-nous à l’adresse alloalex@wecareatwork.com.

Pour toutes vos questions sur la thématique « maladie et travail », sachez qu’ALLO Alex est là pour vous aider ! Pour rappel, le service est joignable au 0800 400 310 du lundi au vendredi de 9h à 17h (appel gratuit).


 

Sources et informations complémentaires :


(1) « 3 suicides sur 4 sont masculins » Movember [consulté le 30 novembre 2023]

Ressources complémentaires : Observatoire national des suicides, Union nationale de prévention du suicide [consulté le 30 nov

embre 2023]

Selon l’OMS en 2014, plus de 800 000 personnes se suicident chaque année dans le monde, soit un mort toutes les 40 secondes. [consulté le 30 novembre 2023]

(2) « Chaque minute, un homme se suicide dans le monde » Movember [consulté le 30 novembre 2023]


Crédit photo : Grain de sel & Co


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