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Vous vous posez des questions
pour ré-concilier maladie et travail ?

« Échanger, partager, rechercher, proposer et les choses ne pourront qu'améliorer la situation »


Après le diagnostic et le traitement d’un cancer de la prostate, Christian a souhaité s’engager sur la prévention des cancers masculins et l’accompagnement des hommes concernés et leurs proches avec l’association Cerhom. Pour ALLO Alex, il revient sur son parcours et l’importance de parler des cancers masculins et sur les répercussions des traitements au travail.

Pouvez-vous vous présenter et nous parler de votre expérience de vie de la maladie en quelques mots ?

Je m'appelle Christian Wiltord, Je suis vice-président de l’association Cerhom, j’ai été diagnostiqué d’un cancer de la prostate en 2003-2004 à l’âge de 53 ans.


Je n’ai pas eu de prostatectomie car c’était à un stade trop avancé. J’ai eu des traitements de radiothérapie (35 séances) et d'hormonothérapie (castration chimique) pendant trois ans, avec un taux de PSA (antigène spécifique de la prostate) contrôlé tous les 3 mois car c’est un cancer à haut risque de récidive.

Ce qui m'a semblé à l'annonce comme un interminable parcours s'est transformé en combat durant lequel la notion de temps a pris une valeur toute relative et somme toute secondaire, je n'avais jusqu'alors jamais eu de problème médical. La volonté de se battre et de rester vivant (instinct de survie) prime alors sur tout et permet d'affronter les aléas des traitements; soutenu, et c'est très important, par mon entourage familial.

Comme pour tous ceux qui ont eu à subir ce type de médication, les effets de l'hormonothérapie ont été conséquents, non seulement par les injections de zoladex (progression importante de nos jours de l'hormonothérapie avec moins d'effets secondaires) mais aussi par le bouleversement physique que cela induit avec des bouffées de chaleur importantes. Dans ma fonction j’étais relativement autonome : je gérais mon temps et je faisais en sorte de travailler et de prendre les moments qui correspondaient aux obligations médicales. Si j’avais eu un travail posté cela aurait pu être plus difficile : j’aurais peut-être été plus obligé d’en parler, de justifier ceci ou cela ; ce qui n’a pas été mon cas.

Comment conciliez-vous ou avez-vous concilié votre maladie, les traitements et le travail ?

Au moment du diagnostic, j'étais responsable ressources humaines avec un effectif d'environ 900 salariés sur plusieurs sites, avec une autonomie assez importante pour concilier mes impératifs médicaux, dont la gestion des séances de radiothérapie.

Je n'ai pas souhaité d'arrêt de travail, mais j’ai préféré continuer d'exercer mon métier après mon hospitalisation et la période de convalescence de trois semaines.

La reprise n'a pas été trop brutale et j'ai pu effectuer mon travail sans que cela soit trop impactant sur ma santé et mes obligations professionnelles. Les bouffées de chaleur ont été gênantes, de par leur intensité et aussi leur imprévisibilité, suivies de coups de fatigue pour lesquels un temps de récupération était quelquefois nécessaire.

Après deux récidives (rechutes biologiques), je reste en surveillance active.

Qu’est-ce qui vous a aidé ?

Le personnel médical dans son ensemble a été d'une grande aide, sans cacher la gravité de ma situation mais avec optimisme et compréhension. La reprise de mon activité professionnelle et replonger dans la vie active a été un plus important. Enfin, à l'issue des trois ans de traitement d'hormonothérapie, la reprise d'une activité sportive m'a été d'une grande aide, avec quelques petites réussites. Et aussi et avant tout, un accompagnement familial de tous les instants.

Le seul bémol, ce qui m'a manqué, c'est un accompagnement psychologique à la fin des traitements où on se retrouve seul à devoir gérer la suite sans repère évident et après plusieurs années intenses et l'impression de vide qui en résulte.

Comment peut-on améliorer l’accompagnement des personnes malades en entreprise selon vous ?

J'ai conscience d'avoir été privilégié dans mon parcours dans la mesure où j'avais la possibilité de gérer mon temps de travail. Je pense que l'entreprise, autant que faire se peut, doit pouvoir accompagner les personnes malades (ce qui existait pour partie dans celle où j'exerçais) en aménageant les postes de travail quand c'est possible (aménagements du poste, aménagement d’horaires, de tâches…) en rendant le télétravail possible, que les personnes concernées puissent se faire accompagner par la médecine du travail (qui peut se mettre en rapport avec l’équipe soignante). Il est important que les personnes malades ne se sentent pas isolées et qu’elles puissent participer à la vie de l’entreprise.

Les entreprises devraient avoir des emplois protégés, avec une vraie valeur économique. [N.D.L.R. Par le terme « emploi protégé » Christian Wiltord entend des emplois spécifiques, adaptés, en fonction de la pathologie ou du handicap. Que chacun puisse exercer une activité professionnelle adaptée à ses propres possibilités]

Ce qui peut être compliqué au vu de la taille de l'entreprise et aussi son activité, cela fait partie du challenge à relever pour les RH.

Le CSE et les représentants du personnel ont un rôle à jouer également.

Cette liste de possibilités est non exhaustive, il y en a très certainement d'autres.

Il y a plus de difficultés à parler des cancers masculins car cela touche à la sexualité. Tout ce qui touche à la sexualité, c’est relativement tabou. Et cela touche à la virilité, véritablement, quel que soit le résultat. C’est quelque chose d’assez important et encore difficile à aborder comme sujet, pour les hommes.

Cela peut aussi passer par la communication. En entreprise, il y a tout un tas de systèmes d’information qui existent : aussi bien au niveau des comités d’entreprise, qu’au niveau du service de ressources humaines qui peut faire des actions ponctuelles de sensibilisation, relativement régulières, pas nécessairement ciblées sur le cancer lui-même, mais sur le fait de prendre soin de soi, de faire attention à son intégrité physique. Cela passe par-là. Les RH ont un rôle à jouer là-dedans.

Comment peut-on aider à libérer la parole auprès des hommes ?

Dans le cadre de l’association, on essaie de le faire avec des campagnes télévisuelles et d’affichage pour sensibiliser les jeunes et prévenir le cancer des testicules (autopalpation) et de la prostate (dépistage).

Si vous aviez 1 seul conseil ou bonne pratique à partager pour mieux concilier maladie et travail, lequel serait-ce ?

La communication est très importante et permet le partage et donc ouvre le champ des possibles.

La maladie au travail revêt un aspect technique dans l'accomplissement des tâches, mais aussi psychologique dans la réalisation de certains objectifs. Le monde n'a pas changé mais le regard de celui qui revient n'est plus le même et cette approche peut être profitable aux deux parties.

Je pense que les RH ont une grande partie à jouer en considérant l'individu et non pas le rouage auquel il correspond et en travaillant avec la médecine du travail.

Échanger, partager, rechercher, proposer et les choses ne pourront qu’améliorer la situation.

Merci Christian pour votre témoignage !

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Si vous aussi, comme Christian, vous souhaitez témoigner de votre expérience de la maladie au travail, contactez-nous à l’adresse alloalex@wecareatwork.com

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Pour toutes vos questions pour mieux concilier maladie et travail, sachez qu’ALLO Alex est là pour vous aider ! Pour rappel, le service est joignable au 0800 400 310 du lundi au vendredi de 9h à 17h (appel gratuit)



 

** Cerhom : c’est une association nationale qui a pour vocation de sensibiliser aux cancers masculins (prostate, testicule). Vous êtes concerné ? Vous êtes aidant•e ?

Cellule d'écoute avec permanences téléphoniques :

  • les lundis de 19h-23h :

  • 07 82 33 15 72, pour le cancer du testicule;

  • 06 41 22 41 51, pour le cancer de la prostate

  • les mercredis de 19h-23h : 07 82 33 15 72, permanences assurées par un médecin oncologue cancers masculins, où les patients auront des réponses médicales.