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Vous vous posez des questions
pour ré-concilier maladie et travail ?

Alcoolodépendance et vie professionnelle

Dernière mise à jour : 17 avr.

En France, l’alcoolodépendance, ou alcoolisme, touche environ 1,5 millions de personnes. 2,5 millions de personnes ont une consommation à risque (mais parviennent encore à contrôler leur addiction).


Qu’est-ce que l’alcoolisme ? 


L'alcoolisme, ou alcoolodépendance, est une maladie caractérisée par une dépendance physique et psychologique à l'alcool. Cela signifie que la personne a du mal à contrôler sa consommation d'alcool et continue à boire malgré les conséquences négatives sur sa santé, sa vie professionnelle et personnelle. 


Quand peut-on parler d’alcoolodépendance ?


On peut parler d'alcoolodépendance lorsque la consommation d'alcool devient problématique et entraîne une dépendance physique et psychologique. L’OMS indique également que la consommation d'alcool devient la priorité principale dans la vie quotidienne d'une personne, au détriment de ses responsabilités professionnelles, familiales et sociales. 


L’OMS précise également que la consommation est dite « à risque » à partir d’une consommation moyenne quotidienne de 2 à 4 verres par jour pour une femme, et de 4 à 6 verres par jour pour un homme. Au-delà, cette consommation est considérée « nocive » ou « à problème ». 


Concrètement, quels sont les signes à observer ?


  • Tolérance accrue : Besoin de consommer des quantités de plus en plus importantes d'alcool pour ressentir les mêmes effets. 

  • Perte de contrôle : Incapacité à limiter la consommation d'alcool ou à arrêter complètement malgré la volonté de le faire. 

  • Craving : Un fort désir ou une obsession pour la consommation d’alcool.

  • Négligence des responsabilités : Difficulté à remplir les obligations professionnelles, familiales ou sociales en raison de la consommation d'alcool.

  • Retrait : Apparition de symptômes physiques (tremblements, sueurs, nausées) ou psychologiques (anxiété, irritabilité) lorsqu'on essaie de réduire ou d'arrêter la consommation.

  • Consommation continue malgré les conséquences négatives : Persistance de la consommation d'alcool même si cela entraîne des problèmes de santé, des conflits relationnels, ou des conséquences juridiques.

  • Priorité à l'alcool : La consommation d'alcool devient la principale préoccupation, reléguant au second plan les activités et les relations qui étaient autrefois importantes.


Addiction et travail : quels liens ? 


L’environnement de travail joue un rôle crucial dans la prévention et la gestion des risques liés à l'addiction. Un environnement de travail sain peut contribuer à protéger les individus contre les comportements addictifs, tandis qu'un environnement stressant ou peu favorable peut accroître la vulnérabilité face au risque d’addiction. En effet, 9% des consommateurs d’alcool déclarent avoir augmenté leurs consommations à cause de problèmes liés à leurs situations professionnelles au cours des 12 derniers mois (Sources : Baromètre santé 2010 - INPES).


Au travail, il existe de nombreux facteurs de risque : les risques psychosociaux, des conditions de travail pénibles, du stress au travail, la recherche de performance, l’accessibilité des substances sur le lieu de travail, certaines cultures d’entreprises..


L'entreprise joue donc un rôle clé dans la promotion de la santé mentale de ses collaborateurs et dans la prévention des comportements addictifs. 


Pour Laurence :

« Arrêtons de croire qu'il n'y a pas de problème d'alcool dans l'entreprise. Et ensuite, mettons en place des programmes d'accompagnement des salariés en difficulté pour les aider à s'en sortir, tout en gardant leur travail. »

Laurence a été touchée par l'alcoolodépendance il y a plusieurs années. Elle nous partage son expérience de la maladie, et la façon dont elle a su se relever après sa guérison. 


Nous sommes donc ravis de partager ici son témoignage.


Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?


Laurence Cottet, patiente experte en Addictologie et Présidente de France Janvier sobre et Addict'elles.


Vous avez été touché par l’alcoolodépendance. Pouvez-vous nous en parler ? 


J'ai sombré dans l'alcoolisme pendant 12 années. Ce fut un enfer, un suicide à petit feu. Je pensais pouvoir m'en sortir seule mais en vain. Ma plus grande erreur a été de tenter de le cacher et donc de consommer cet alcool seule. C'est en fait la Honte d'être tombée aussi bas. Et donc j'ai tardé à me soigner. Aujourd'hui, alors que je suis abstinente depuis 14 années, je n'ai jamais été aussi heureuse et je me sens un peu comme une miraculée.


Quel(s) impact(s) a-t-elle eu sur votre travail ? Et comment avez-vous concilié votre maladie et votre travail ?


J'étais directrice des risques dans un grand groupe de BTP. Je devais donc veiller à la prévention des accidents du travail, à la souffrance au travail, à tout type de risques... alors que j'étais moi-même en souffrance avec un grave problème d'alcool. J'utilisais d'ailleurs cet alcool pour supporter du harcèlement dont je faisais l'objet de la part de ma hiérarchie. Mon problème d'alcool était connu du management car nous avions de nombreuses occasions d'en boire et j'étais à chaque fois dans l'excès, voire l'abus. J'essayais de gérer au mieux la situation mais je pressentais la catastrophe.


Je tentais donc de gérer au mieux cette maladie alcoolique avec mes impératifs professionnels et cela ne m'a pas empêché de faire une belle carrière. Sauf, qu'un jour, tout s'est effondré... Mon corps a lâché et j'ai été licencié pour faute grave. 


Quelles difficultés avez-vous rencontrées ? Qu’est-ce qui vous a aidé ? De quoi auriez-vous eu besoin ? 


La plus grosse difficulté à l'époque pour moi a été d'en parler à quelqu'un... mes amis et mes collègues buvaient de l'alcool également, certes en quantité moindre. Dans l'entreprise, personne n'est venue me voir pour m'aider. J'ai appris que le management de mon entreprise était au courant de mon problème, mais malheureusement personne n'est venue m'en parler. Et c'est dommage, car je n'étais plus dans le déni... Je savais que j'avais un grave problème et je n'arrivais pas à m'en sortir seule. J'attendais de l'aide et j'étais prête à me faire soigner.


Pouvez-vous nous raconter votre parcours de patiente experte ?


C'est une vraie réussite pour moi : pouvoir à partir de mon expérience des drogues (il n'y avait pas que l'alcool, on est souvent en polyaddictions), transmettre des informations, accompagner les patients et donner de l'espoir pour s'en sortir. Pour être patiente experte, j'ai passé 2 DU en Addictologie et Education thérapeuthique et j'ai fait 1 année de stage dans des structures de soins en hospitalier et ambulatoire. Depuis 2019, je travaille avec toute l'équipe médicale du service d'addictologie du CHU de Grenobles-Alpes.


Vous êtes également présidente de l'association France Janvier sobre et entrepreneuse. Pouvez-vous nous en dire un peu plus ?


En 2019, nous avons été quelques uns, anciens malades alcooliques, à lancer le 1er Janvier sobre en France. Nous avons utilisé les réseaux sociaux et cela a été viral! Nous sommes en train de préparer la 6eme édition et c'est sans doute la première action de prévention grand public enfin mise en place et qui rencontre, année par année un franc succès. 


Et parallèlement, je vais dans les entreprises et les collectivités territoriales pour faire de la prévention sur les conduites addictives. Depuis quelques années, je constate une vraie mobilisation des entreprises et des acteurs publics sur le thème des addictions. On ne ferme plus les yeux et on organise des séances de prévention avec la mise en place d'outils de repérage des salariés concernés et surtout d'accompagnement de ces derniers. 


Selon vous, comment peut-on améliorer l’accompagnement des personnes malades de l’alcoolisme au travail ?


D'abord en en parlant. Arrêtons de croire qu'il n'y a pas de problème d'alcool dans l'entreprise. Et ensuite, mettons en place des programmes d'accompagnement des salariés en difficulté pour les aider à s'en sortir, tout en gardant leur travail.


Si vous aviez 1 conseil ou bonne pratique à partager avec :


  • une personne touchée par cette maladie au travail ?


Surtout n'ayez pas Honte. Allez en parler à une personne de l'entreprise en qui vous avez confiance.


  • Avec le manager d'une personne concernée ?


Comprendre qu'il s'agit d'une maladie. Ce n'est pas une question de volonté. Ne pas fermer les yeux et tenter de parler au salarié concerné, avec bienveillance.


  • Avec un employeur pour favoriser l'inclusion des personnes concernées ?


Comprendre qu'il faut du temps pour permettre au salarié de se soigner durablement et de travailler de concert avec la médecine du travail.


Quelque chose à ajouter ?


Le concept Honte est issu d'une méthode que j'ai mise au point en me servant de mon expérience des soins. C'est la méthode H3D: 

→ ne pas avoir Honte de son problème, 

→ être Honnête sur la quantité d'alcool bue, 

→ avoir l'Humilité de demander de l'aide car il est difficile de s'en sortir seul. 


Entrer en soins et avec le temps, se reconstruire en allant vers son Désir. Mon Désir est de continuer à faire de la Prévention grand public, notamment par mon témoignage. 


Merci Laurence pour votre témoignage !


Vous êtes patient ? aidant ? manager ? professionnel des ressources humaines ? Vous aussi vous souhaitez témoigner de votre expérience de la maladie au travail, contactez-nous à l’adresse alloalex@wecareatwork.com.


Pour toutes vos questions, sachez qu’ALLO Alex est là pour vous aider ! Pour rappel, le service est joignable au 0800 400 310 du lundi au vendredi de 9h à 17h (appel gratuit).

 

Sources : 


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