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pour ré-concilier maladie et travail ?

Travail et aidance – Quand le rôle d’aidant mène à l’entrepreneuriat !

Dernière mise à jour : 23 avr.

En France, il y a environ 11 millions d’aidants familiaux, et 66 % d’entre eux sont des actifs. 


Qu’est-ce qu’un aidant ? Les termes « aidant familial », « proche aidant » et « aidant naturel » sont souvent utilisés de manière interchangeable pour désigner une personne qui prend soin d'un membre de sa famille, d'un ami ou d'un voisin en situation de maladie, de dépendance ou de handicap.


Un rôle avec de nombreuses responsabilités ? Le rôle d’aidant est un rôle crucial joué par des personnes qui fournissent un soutien précieux à leurs proches dans divers aspects de la vie quotidienne et de la santé : la gestion du budget et des démarches administratives, les soins d’hygiène, l’habillage, l’assistance pour les repas, l’accompagnement en visite médicale, la réalisation des achats et tâches ménagères, le soutien psychologique et émotionnel de la personne aidée, etc.


Les multiples responsabilités assumées par les aidants favorisent l'acquisition d'une diversité de compétences et de qualités telles que l'adaptabilité, l'autonomie, la prise de décision, la gestion du temps, l'intelligence relationnelle, le suivi administratif... C'est pourquoi certaines personnes choisissent de se tourner vers l'entrepreneuriat pour mettre en avant ces compétences développées grâce à leur expérience en tant qu'aidant.


Audrey partage

« Sans ce rôle que j'ai dans la peau je n'aurais certainement pas eu la témérité de me lancer dans la création d'entreprise. »

Audrey est aidante de ses parents. Elle nous partage son rôle d'aidante, les compétences qu’elle a développées, et comment elle a transformé son rôle d'aidante en expérience entrepreneuriale. 


Nous sommes ravis de partager ici son témoignage.


Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?


Je m’appelle Audrey, j’ai 42 ans, mariée et maman de 2 enfants de 13 et 11 ans. J’ai eu une carrière de 20 ans au sein d’une grande banque, dans divers métiers. Mon dernier poste était superviseur qualité opérationnel qui consistait à la lutte anti blanchiment, fraudes, conformité et RGPD. 


Depuis de nombreuses années, je suis aidante de mes parents. Cette expérience de vie m’a amené en 2023 à devenir entrepreneur. Je me consacre aujourd’hui aux aidants. Je suis le trait d’union entre la personne en perte d’autonomie, ses proches et un outil facilitateur de ce rôle que j’ai développé en 2023 et qui s’appelle PAKILIE.


En quoi consiste votre rôle d'aidant au quotidien ?


Mon papa est atteint d’une maladie neurodégénérative et ma maman fait régulièrement des burnouts. Mon rôle consiste donc à suivre la prise en charge médicale de mes parents, demander et anticiper les aides sociales, gérer les papiers, mettre à jour les besoins liés à l’évolution de la maladie et surveiller que le dispositif de maintien à domicile mis en place soit toujours efficace, sûr et bienveillant.


Comment conciliez-vous ou avez-vous concilié votre travail et votre rôle d'aidant ? Quel a été l'impact sur votre vie professionnelle ?


Au début de l’épuisement de ma mère, j’ai eu la chance de travailler dans une grande banque. Il a donc été facile de moduler mes horaires, prendre des congés au pied-levé, décaler des rendez-vous. 

Mais le regard de mes collègues et de ma hiérarchie a quand même changé… Je n’étais plus un élément sur qui l’on pouvait compter n’importe quand. Je ne participais plus aux moments conviviaux en dehors des horaires, je n’étais jamais disponible pour rendre service au dernier moment. Cela n’a pas été facile. J’avais, j’ai toujours l’impression de faire ce qui est nécessaire et primordial mais je n’ai plus assez de place pour la futilité. Jusqu’à ce que mon poste soit délocalisé et alors j’ai dû quitter mon emploi.


Avez-vous rencontré des difficultés particulières ? De quelles aides bénéficiez-vous ou avez-vous bénéficié ? Qu'est-ce qui aurait pu vous aider ? 


En France, il y a énormément de services, de professionnels, d'associations qui permettent aux personnes en perte d’autonomie de bien vivre et de choisir où vieillir. Tout cela fait un réseau conséquent et en perpétuel mouvement ils ne communiquent pas entre eux c’est donc à l’aidant de faire le lien, partager et mettre à jour les informations, communiquer les pièces etc. 

Cela prend beaucoup de temps et d’énergie. Mes frères et mes amis me proposaient leur aide, mais le temps que je leur explique et que je leur communique les documents, je me disais que j’avais aussi vite fait de le faire donc on « bricole » souvent seul. 


Vous vous êtes donc lancée dans l’aventure entrepreneuriale. Comment jonglez-vous avec les défis du quotidien tout en maintenant le cap dans votre entreprise ?


Comme dans une activité salariée il faut en parler, il ne m'est pas rare de décaler un rendez-vous, et j'explique toujours pourquoi sans détour. Je suis aidante par amour et nécessité, cela a des contraintes mais ce rôle m'a également appris à être polyvalente, inventive, à prendre les aléas du bon côté et cela me sert dans mon quotidien. Sans ce rôle que j'ai dans la peau je n'aurais certainement pas eu la témérité de me lancer dans la création d'entreprise.


À votre avis, quelles qualités et compétences avez-vous gagnées ou développées en étant indirectement confrontée à la maladie ?


Je suis presque devenue incollable sur les dispositifs existants, les diverses types d’aides matérielles et financières. Je suis organisée, je sais m’adapter très rapidement aux changements mais, il m’a fallu plusieurs années, je sais aujourd’hui parler avec légèreté de la maladie et de ses conséquences.


Comment peut-on améliorer la prise en compte du rôle des aidants aujourd'hui ? Quels conseils souhaiteriez-vous donner à une personne nouvellement aidante ?


Aujourd’hui l’aidant est le pivot de la personne en perte d’autonomie. Il protège les choix, les besoins et les volontés de son proche et œuvre pour les faire respecter. Mais si un aidant devient incapable d’assumer son rôle du jour au lendemain par choix ou par nécessité, les conséquences sont lourdes voire catastrophiques pour la personne aidée. Quand mon poste à été délocalisé, je me suis dit que si je pouvais cloner mon rôle d’aidante et partager mon savoir, les tâches et les documents je pourrais suivre mon métier. 


Le premier conseil est d'en parler, à ses collègues et sa hiérarchie, car sinon ils risquent de ne pas comprendre certains changements et de juger trop hâtivement.

Le second conseil serait de prendre le temps de mettre en place une coordination efficace, fiable et bienveillante afin de pouvoir compartimenter nos rôles, quand je suis au travail je ne m'inquiète pas pour mon proche car je sais qu'il est entre de bonnes mains. Le dernier conseil trouver ce qui est efficace pour soi afin de ne plus culpabiliser, aider quelqu'un sur le long terme c'est s'adapter continuellement à l'évolution de la maladie, aux humeurs de son proches, aux emplois du temps des professionnels, etc. C'est dur, rarement parfait mais faire de son mieux est déjà merveilleux.


Quelque chose de plus à nous partager ?


« Si le système de santé était une plante, les aidants en seraient les racines fragiles, vitales et invisibles » S.CAMERON


Merci Audrey pour votre témoignage !


Pour en savoir plus, découvrez Pakilie.


Vous êtes patient ? aidant ? manager ? professionnel des ressources humaines ?

Vous aussi vous souhaitez témoigner de votre expérience de la maladie au travail, contactez-nous à l’adresse alloalex@wecareatwork.com.


Pour toutes vos questions, sachez qu’ALLO Alex est là pour vous aider ! Pour rappel, le service est joignable au 0800 400 310 du lundi au vendredi de 9h à 17h (appel gratuit).


 

Source chiffre : Baromètre des aidants 2021 Fondation April-BVA / Enquête Ipsos Macif 2020

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