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pour ré-concilier maladie et travail ?

Cancer et travail – Continuer à travailler pendant les traitements

Dernière mise à jour : 19 mars

Quand on est diagnostiqué d’un cancer ou d’une maladie nécessitant des traitements lourds et immédiats, on n’a pas toujours le choix de pouvoir continuer à travailler. Les traitements peuvent nécessiter un long arrêt de travail. Quand on en a l’énergie et l’envie et que le corps médical suit, continuer à travailler peut être vécu comme un lien qui raccroche à la vie, à la normalité, et ce malgré les difficultés rencontrées. Maintenir le lien avec les collègues, avec l’entreprise, se sentir utile, ou maintenir son niveau de revenu… Les raisons qui motivent ce choix peuvent être multiples et sont propres à chacun. 


Faire un choix éclairé


C’est important d’être bien informé par le corps médical des conséquences des traitements. Quels sont les effets secondaires possibles ? Est-ce possible de continuer à travailler et dans quelles conditions ? 


Plusieurs dispositifs peuvent vous aider si vous souhaitez continuer à travailler, à vous rendre en hôpital de jour pour suivre vos traitements. Dans un premier temps, vous pouvez en parler avec votre manager afin de convenir de facilitations horaires afin de vous rendre à vos rendez-vous et d’un moyen de rattraper vos heures non effectuées. Sachez qu’en tant que salarié, vous bénéficiez de plein droit d’une autorisation d’absence pour maladie grave. Le temps partiel thérapeutique peut également être une solution. Des dispositions conventionnelles peuvent prévoir d’autres aménagements pour des rendez-vous médicaux réguliers. 

Vous pouvez également être en arrêt de travail pour le jour des traitements et les jours suivants : le bulletin de situation ou d’hospitalisation équivaut à un arrêt de travail et doit être envoyé dans les mêmes conditions à votre employeur et à la caisse primaire d’assurance maladie.


Être accompagné dans sa démarche


Parlez-en avant tout avec votre médecin spécialiste et votre médecin traitant. 


Vous pouvez ensuite en parler selon le cadre que vous fixez à votre entourage professionnel. Vous pouvez établir une organisation avec votre manager et votre équipe le temps de vos traitements. Qui fait ou fera quoi dans l’équipe ? Qu’est-ce que le temps partiel thérapeutique va vous permettre de faire comme tâches ? Comment communiquer dans l’entreprise sur votre maladie ou vos difficultés, vos rendez-vous médicaux, etc. ? Le médecin du travail peut être là en soutien et vous accompagner dans vos démarches. 


Des entretiens réguliers peuvent être organisés pour réajuster au fur et à mesure vos tâches à vos capacités effectives. En effet, même si on se prépare en amont, les projections peuvent être différentes de la réalité. Pouvoir parler de vos difficultés et de vos réussites, au fur et à mesure du suivi de vos traitements est important pour que vous puissiez garder votre rôle actif dans l’entreprise, sans que cela soit aux dépens de votre santé.


Daphne témoigne :

« L'oncologue m'a demandé le jour de l'annonce ce que je faisais dans la vie et ce que j'avais envie de faire. J'ai tout de suite répondu que si c'est possible  je voulais avoir une vie la plus normale possible. [...]  J'ai continué de travailler et ai choisi les jours de chimio pour pouvoir assurer mon équilibre famille/travail. »

Daphne a été diagnostiquée d’un cancer et a choisi de continuer à travailler. Nous sommes heureux de vous proposer son témoignage.




Portrait de Daphne Soffer

Pouvez-vous vous présenter et nous parler de votre maladie en quelques mots ?


Je suis Daphne, j'ai eu un cancer du sein triple négatif ce qui veut dire que le traitement attendu était particulièrement intense pour combattre un cancer virulent, rapide et tenace.

J'étais chef de projet je venais d'entrer en CDD depuis quelques mois seulement.









Comment avez-vous concilié votre cancer et votre travail ?


L'oncologue m'a demandé le jour de l'annonce ce que je faisais dans la vie et ce que j'avais envie de faire. J'ai tout de suite répondu que si c'était possible je voulais avoir une vie la plus normale possible.

Je savais juste que je ne voulais pas être isolée pendant ce moment difficile. 

Je suis allée voir mon manager en lui disant que j'avais beaucoup de chance de ne pas avoir besoin de mes seins pour travailler 😅 l'humour a souvent désacralisé la peur.


J'ai continué de travailler et ai choisi les jours de chimio pour pouvoir assurer mon équilibre famille/travail.


Quelles difficultés avez-vous rencontrées ? Qu'est-ce qui vous a aidée ?


La difficulté majeure est de rester dans la société au sens large : faire ses courses, travailler, sortir… Rien n'est prévu pour faciliter ce besoin. La queue aux caisses est réservée aux femmes enceintes ou aux personnes munies d'une carte. [NDLR. Daphné parle ici de la carte mobilité inclusion priorité – Toute personne touchée par un handicap ou une maladie rendant la station debout pénible peut en faire la demande. ] Lorsque vous avez un cancer et des traitements lourds, sans reconnaissance de handicap, vous n'avez droit à rien. Juste celui de rester chez vous pour ne pas déranger parce que le cancer fait peur, alors imaginez au travail...

Ma chance a été d'avoir des managers qui m'ont fait confiance et qui ont cru en ma capacité à gérer mon temps et à faire mon travail (comme une consultante en quelque sorte).

Croiser les collègues, avoir un but (autre que celui de me sauver la peau, ce que je faisais de toute façon) était essentiel à mon équilibre qui était fragile.

J'ai reçu beaucoup de soutien des employés qui directement ou par l'intermédiaire de mes collègues prenaient des nouvelles et assistaient à mes évolutions physiques et capillaires 🤣


Quelle est votre situation actuelle ?


J’ai trouvé un travail en CDI et à la hauteur de mes qualifications. 

Mon entretien d’embauche est à lui seul encore une magnifique démonstration d'intelligence humaine et professionnelle. Je commence ce nouveau travail bientôt,  deux ans jour pour jour après le début du CDD qui m’a valu cette expérience. Il faut donner de l’espoir, je veux continuer à porter ce message.


Selon vous, comment peut-on améliorer l’accompagnement des salariés malades en entreprise ? 


La priorité est de leur laisser le choix !

Dans une structure systémique très organisée ce n'est pas simple mais c'est possible.

Chacun doit être libre de rester chez soi ou de venir travailler, et aussi de changer d'avis. La maladie n'est pas un long fleuve tranquille.

Ensuite, accompagner, c'est équiper en matériel informatique pour faciliter le travail à distance ou en présentiel, adapter la demande, le besoin en faisant des points réguliers.

Bref, communiquer reste essentiel. C'est ce dont j’ai bénéficié.


Si vous aviez 1 conseil ou bonne pratique à partager avec une personne en situation de maladie ou de handicap au travail ?


Avoir confiance : nous avons la capacité de créer notre réalité. 

Être force de proposition car nous seuls savons ce qui est bon pour nous


Avec le manager d'une personne concernée ?


Avoir confiance : demander de quoi la personne a besoin pour être bien dans son poste si elle souhaite continuer.


Avec un employeur pour favoriser l'inclusion des personnes concernées ?


Montrer l'exemple pour remettre l'humain au cœur de l'entreprise : les employés différents ont tendance à se cacher ou tout simplement disparaître chez eux. Il faut oser montrer car ce qui ne se voit pas n'existe pas… Alors si l'employeur montre, accepte, organise, par des conférences, des articles en interne, ou même en laissant une place aux personnes désireuses de rester, il enverra un fort message d'humanité dans le travail. 

En résumé : confiance et communication, respect et adaptation sont essentiels.


Merci Daphne pour votre témoignage.


Vous aussi vous souhaitez témoigner de votre expérience de la maladie ou du handicap au travail, contactez-nous à l’adresse alloalex@wecareatwork.com.


Pour toutes vos questions, sachez qu’ALLO Alex est là pour vous aider ! Pour rappel, le service est joignable au 0800 400 310 du lundi au vendredi de 9h à 17h (appel gratuit).



 


Crédit photo : Leah Marciano

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