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pour ré-concilier maladie et travail ?

Sport et travail : un duo gagnant après un AVC

L'AVC est une épreuve qui peut bouleverser la vie d'une personne du jour au lendemain. Les séquelles physiques, les défis émotionnels et les bouleversements dans tous les aspects de la vie peuvent être nombreux. Pourtant, au milieu de cette épreuve, certaines personnes trouvent une force et une détermination inébranlables pour se reconstruire et transformer cet accident en force, notamment par la pratique du sport.


Pour Fabien :

« Quand j’ai un but précis dans la vie, il y a rien qui va m'empêcher de le faire et de le mettre en place. L’AVC a été un tremplin et non un frein dans mes projets ». 

Aujourd’hui, nous avons souhaité partager avec vous le parcours de Fabien, touché par un AVC en 2018. Il nous partage avec détermination son expérience, son nouveau rapport à la vie et au travail ainsi que ses projets sportifs !


Nous sommes ravis de partager ici son témoignage.


Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ? 


Je m'appelle Fabien Leroux, j'ai 51 ans. Je suis directeur commercial dans 3 pays : la France, la Belgique et le Luxembourg. À mes temps perdus, je suis un nageur de l'extrême, c’est-à-dire que je fais des traversées de plusieurs dizaines de kilomètres et de plusieurs heures. 


Pouvez-vous nous parler de votre accident ?


Je suis touché par un AVC le 24 février 2018 dans ma voiture. Déjà à l’époque, je faisais beaucoup de sport donc au début je pense que ce sont juste des crampes. Cependant, elles sont différentes et je commence à ressentir des fourmillements dans toute la partie droite de mon visage, ensuite cette sensation descend et me paralyse le bras et la jambe. Je m’arrête donc, et je prend de l’aspirine en pensant que cela va passer. Malgré tout, je me rends aux urgences 3h après les premiers symptômes, où je réalise une batterie de tests impressionnante. 


Au début, la cause n’est pas identifiée immédiatement puis on m’annonce que je fais un AVC. J'ai même pas 46 ans, je ne fume pas, je ne bois pas, je fais beaucoup de sport. J'ai du mal à y croire. Je suis vraiment dans un déni total jusqu’à ce que le personnel médical me montre le scanner de mon cerveau et c'est à ce moment précis que je réalise que c'est grave.


Pourquoi cet AVC ? À l’époque, j'étais acheteur à Bruxelles, je partais le lundi matin pour Bruxelles à 4h du matin puis je restais toute la semaine sur la Belgique. Dans le même temps, mon père était en phase terminale d'un cancer. J’avais pas mal de surmenage et de stress. 


Et puis vient la période à l'hôpital et c'est vraiment pendant cette période que je prends la décision de traverser l'Atlantique à la nage. Quand le neurologue m'explique ce qui m’est arrivé et qu’il me propose un arrêt de travail de 6 mois. La réponse est un « non » catégorique.  


Un combat terrible se joue alors en moi à l’annonce du neurologue. Je suis dans mon lit, j'ai une poignée qui est au-dessus de mon lit et avec mon bras, je commence à faire des tractions pour que le bras revienne. Toute la journée, je refuse ce qui m'arrive et le soir il est 2h du matin. Je veux marcher. Je me débranche, je me casse la figure de mon lit, je rampe par terre et je m'accroche à la poignée et je me relève pour marcher en faisant 3 fois le tour du service, et ma jambe commence à revenir. C’est là que pour moi le mental a joué un rôle clé dans la guérison. 


Et le lendemain matin, j'avais un examen et dès l’examen terminé j'ai signé une décharge et j'ai quitté l'hôpital. J’ai bien récupéré au bout de 5 jours. Aujourd’hui, les symptômes qui me restent sont la perte de sensibilité du bout des doigts de la main droite et également une aplasie du faciès. Quand je suis fatigué, je peux sentir ma voix dérailler et avoir quelques difficultés d’articulation. 


Comment avez-vous concilié votre accident et votre travail ?  


J'ai eu un mois d'arrêt par le neurologue que j’ai passé auprès de mon père. Il est décédé 2 mois après mon accident. Puis le travail a repris. On m'avait demandé de ne pas prendre le train et l'avion mais j'ai fait tout le contraire. Dès que mon arrêt s'est terminé, j'ai pris un avion tout de suite pour l’Italie pour rencontrer des fournisseurs.


Mon entreprise elle-même me demandait de prendre le temps et de prolonger mon arrêt mais je souhaitais reprendre le travail car au fond de moi, je savais que c’était maintenant qu’il fallait que je reprenne. 


Je n’ai donc pas eu d’aménagement mais j’aurais pu en avoir si j’en avais ressenti le besoin. Je voulais reprendre comme je l’entendais et je pense que c’est mon hygiène de vie qui m’a permis de revenir très très vite. 


Cela a-t-il changé votre rapport au travail et à la vie ? 


Mon rapport au travail et à la vie a changé. Plus précisément, j’ai opéré un positionnement de conscience. On se dit : la vie ne tient qu’à un fil. Les choses auraient pu s'arrêter brutalement ou mon état aurait pu être encore beaucoup plus grave. J’ai pris cet accident comme un avertissement. 


On relativise et on voit la vie différemment. J’ai toujours beaucoup travaillé et aujourd’hui je travaille toujours autant mais c’est différent. C’est moins à 200 à l’heure, c’est beaucoup plus posé, beaucoup plus structuré. J’anticipe davantage mes déplacements. C’est plus une relation de conscience qui s’est construite avec le travail après mon accident. 


Je travaillerai toute ma vie, ça c'est évident parce que pour moi c'est la santé et j'aime travailler. On a besoin de travailler, c'est essentiel pour gagner son argent mais aussi pour se développer psychiquement, mentalement et socialement. J'ai besoin de rencontrer du monde, de partager mon expérience et mon savoir-faire. Mais j’ai pris conscience que le travail ce n’était pas le plus important. Aujourd’hui le plus important, c’est la vie, mon rapport aux autres, mes projets...


Quelles difficultés avez-vous rencontrées ? Qu'est-ce qui vous a aidé ?


Mon projet de traversée de l'Atlantique à la nage et les entraînements chaque matin m’ont beaucoup aidé. Je cours tous les matins entre 50 minutes et 1h et tous les soirs je vais nager entre 2h30 et 3h. Quand j’ai un but précis dans la vie, il y a rien qui va m'empêcher de le faire et de le mettre en place. L’AVC a été un tremplin et non un frein dans mes projets. 


Mon entreprise a été très prévenante, et souhaitait que je prenne du temps. Personnellement, mon père m'a toujours enseigné à se dépasser. Il avait déjà eu un cancer auparavant et qu'il avait réussi à combattre. Avec le mental, on est capable d’accomplir beaucoup qu'on ne soupçonnerait pas de pouvoir faire tant que l'on n'est pas au pied du mur. 


Devant moi, j'ai une espèce de montagne j'aurais pu très bien rester en bas, ce qui ne veut pas dire qu’il y a des moments où je n'avance plus, des moments où je vais peut-être me stopper, des fois peut-être stagner, mais j’essaie de toujours relever la tête. 


Le travail est donc une occasion de pouvoir me focaliser sur des objectifs précis et me permet de me structurer. D'un autre côté, j'ai ce projet sportif qui me prend énormément de temps et qui me permet aussi de continuer de rêver.


Selon vous, comment peut-on améliorer l’accompagnement des personnes touchées par un AVC dans les entreprises ?


Le sport m’a vraiment aidé à sortir de mon état. Je pense que les entreprises devraient proposer un accompagnement sportif par une personne interne ou externe à l’entreprise. Cet accompagnement permettra aux personnes touchées par un accident de s’évader et de prendre conscience de leurs capacités physiques et mentales. 


Maintenant, c'est propre à chacun et je pense que c'est pour ça qu’il faut avoir ce temps d'écoute avec la personne victime d'un AVC pour se rendre compte de comment on va pouvoir vraiment l'aider parce que la vie continue, c’est pas rédhibitoire d’avoir un AVC, c'est un tremplin émotionnellement et professionnellement notamment en réorganisant son travail, voire de le changer, notamment quand la pression et le manque d’accompagnement sont au rendez-vous dans les entreprises et que l’épanouissement personnel passe au second plan. 


Si vous aviez 1 conseil ou bonne pratique à partager ?


Pour la personne touchée : 


Mon parrain Philippe Croizon m’a enseigné que la première phase c'est l'acceptation.  Quand j’ai eu mon accident, j’étais dans le déni total. J’acceptais pas : pourquoi ça me tombe dessus ? Ils ont dû se tromper. Et cette phase d'acceptation est essentielle pour avancer.  


Ensuite, c’est le temps de l’analyse. Aujourd’hui, qu’est-ce que vais-je faire ? Pour moi, c’est un signe, j’ai pas écouté les signes avant, donc on m’a envoyé un signal très très fort pour que j'orchestre ma vie différemment. 


De cette analyse, vous allez prendre des décisions qui vont vous permettre de piloter votre vie. Vous êtes le capitaine de votre vie. Vous êtes la seule personne qui peut vous empêcher de réussir un projet, un changement de carrière, etc. C'est vous-même donc il faut en avoir conscience parce qu'à partir du moment où vous avez conscience de ça, vous pouvez tout réaliser. 


Et la troisième phase : le changement adapté aux aspirations et aux besoins de chacun : revoir son hygiène de vie, s’entourer des personnes qui peuvent aider. Pour moi, ça été de prendre un coach mental, de faire de la sophrologie, d’utiliser plusieurs techniques de relaxation. Je ne sais pas si je referais un jour un AVC, mais je fais tout pour me sentir bien et que si demain, un problème survient, je suis prêt. 


Pour le manager : 


Proposez une personne intermédiaire venant 1h ou 2h par semaine dans l'entreprise, notamment pour les managers qui n’ont pas les connaissances et la formation pour accompagner leurs collaborateurs. Cette personne permettra d’accompagner la personne touchée par un AVC. Elle pourra également fournir un feedback au manager avec l’accord du salarié, parce que parfois c’est pas évident de se confier à son manager. Cette personne pourra aider les 2 côtés : le côté manager et le côté collaborateur.


Et si le manager se sent capable de gérer la situation, il devra être dans une écoute active :  Comment te sens-tu ? Comment puis-je t'accompagner ? Prendre en compte une situation nouvelle, de pas mettre la pression à son collaborateur et l’accompagner, ça c’est le rôle du manager. 


Avez-vous quelque chose à rajouter ?


De tout notre échange, c’est vraiment ce qui s’est passé pour moi. La vie continue et elle est belle ! Ce qui ne te tue pas te rend plus fort !


Aujourd'hui, j'essaie de partager cette expérience avec d'autres personnes qui ont pu être dans la difficulté, en sachant que les gens sont différents. Je ne peux donc pas appliquer ce qui a marché pour moi à tout le monde !


Philippe Croizon a mis 7 ans pour sortir de son canapé, c'est propre à chacun mais dès que vous avez décidé, rien ne peut vous arrêter et surtout surtout il ne faut jamais jamais abandonner et il faut s’écouter soi-même !


Maître Yoda disait : « Il ne faut pas essayer, c'est soit tu le fais, soit tu ne le fais pas ». 


Merci Fabien pour votre témoignage.


Vous pouvez également découvrir le parcours de Margot, touchée par un AVC et travaillant dans la fonction publique. 


Vous êtes patient ? aidant ? manager ? professionnel des ressources humaines ?

Vous aussi vous souhaitez témoigner de votre expérience de la maladie au travail, contactez-nous à l’adresse alloalex@wecareatwork.com.


Pour toutes vos questions, sachez qu’ALLO Alex est là pour vous aider ! Pour rappel, le service est joignable au 0800 400 310 du lundi au vendredi de 9h à 17h (appel gratuit).


 

Attention : Certaines activités physiques, à fortiori lorsqu’elles sont pratiquées de façon intense, sont au contraire potentiellement propices aux accidents vasculaires cérébraux. Veuillez vous rapprocher de votre médecin. 

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